Ensembles et Applications - 1BAC Sciences Mathématiques
Parcours interactif premium avec cours, exemples, exercices, corrections et mode examen.
mohamed Lagzouli
Créateur de ce parcours interactif.
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Ensembles et Applications
Bienvenue dans ce parcours interactif consacré aux ensembles et aux applications.
Dans la première partie, tu apprendras à décrire, comparer et manipuler des ensembles.
Dans la deuxième partie, tu découvriras comment une application associe les éléments d'un ensemble à ceux d'un autre ensemble, puis les notions d'injectivité, de surjectivité, de bijectivité et de composition.
L'objectif n'est pas seulement de connaître les définitions : tu vas observer, essayer, raisonner, résoudre des problèmes et vérifier progressivement ta compréhension.
Objectifs du parcours
À la fin de cette leçon, tu devras notamment savoir :
- utiliser correctement \( \in \), \( \notin \) et \( \subset \) ;
- écrire un ensemble en extension ou en compréhension ;
- comparer deux ensembles ;
- déterminer l'ensemble des parties d'un ensemble ;
- calculer une intersection et une union ;
- utiliser le complémentaire et la différence ;
- comprendre le produit cartésien ;
- démontrer une inclusion ou une égalité d'ensembles ;
- reconnaître une application ;
- identifier l'ensemble de départ et l'ensemble d'arrivée ;
- déterminer des images et des antécédents ;
- déterminer une image directe ou une image réciproque ;
- comprendre restriction et prolongement ;
- étudier l'injectivité et la surjectivité ;
- reconnaître une bijection ;
- déterminer l'application réciproque d'une bijection ;
- composer deux applications.
Prérequis
Avant de commencer, il est utile de connaître les ensembles numériques usuels :
Tu utiliseras également les connecteurs logiques :
- « et » ;
- « ou » ;
- « non » ;
- l'implication.
Diagnostic rapide
Ce diagnostic n'est pas noté. Il permet simplement de savoir quelles notions méritent un rappel.
Question 1
Vrai ou faux ?
Voir la réponse
Question 2
On considère :
Quelle écriture est correcte ?
- \(2\in E\)
- \(2\subset E\)
Voir la réponse
Question 3
Vrai ou faux ?
Voir la réponse
Question 4
Soit :
Quelle est l'image de \(3\) ?
Voir la réponse
Question 5
Si :
Alors \(2\) est :
- l'image de \(5\)
- un antécédent de \(5\)
Voir la réponse
Question 6
On sait que :
Peut-on déjà soupçonner que \(f\) n'est pas injective ?
Voir la réponse
Interpréter ton diagnostic
Très bon départ. Tu peux poursuivre directement.
Bon départ. Certaines notions seront consolidées pendant le parcours.
Quelques bases doivent être renforcées. Prends le temps de suivre les rappels et les exemples.
Aperçu gratuit
Découvre quelques notions importantes avant de commencer le parcours complet.
Activité 1 — Appartenance ou inclusion ?
On considère :
\(3\in E\)
Vrai\(\{3\}\subset E\)
Vrai\(3\subset E\)
Faux\(\{3\}\in E\)
Faux\(\varnothing\subset E\)
Vrai\(x\in E\) concerne un élément.
\(A\subset E\) concerne un ensemble.
Activité 2 — Union et intersection
On considère :
Les éléments communs aux deux ensembles sont :
Les éléments appartenant à au moins l'un des deux ensembles sont :
Activité 3 — Première application
On considère :
Question 1
Quelle est l'image de \(2\) ?
Voir la réponse
Question 2
Quel est un antécédent de \(6\) ?
Voir la réponse
Question 3
\(8\) possède-t-il un antécédent dans \(\{1,2,3\}\) par cette application ?
Voir la réponse
Tu viens de découvrir trois idées importantes du chapitre. Le parcours complet va maintenant te permettre de les comprendre, les utiliser et les démontrer.
Continuer la leçonCours essentiel
Le chapitre comporte deux grandes parties : les ensembles puis les applications.
Partie A — Les ensembles
A1 — Ensemble, élément et notations
Un ensemble est une collection d'objets appelés ses éléments.
Exemple :
On écrit :
et :
Ensemble vide
L'ensemble qui ne possède aucun élément se note :
Attention :
\(\varnothing\) ne possède aucun élément, alors que \(\{\varnothing\}\) possède un élément.
Singleton
est un singleton.
Paire
est une paire.
A2 — Extension et compréhension
Écriture en extension
On donne explicitement la liste des éléments.
Écriture en compréhension
On caractérise les éléments par une propriété.
Une même collection peut donc être décrite de plusieurs manières.
A3 — Inclusion
On dit que \(A\) est inclus dans \(B\) si tout élément de \(A\) appartient à \(B\).
signifie :
Exemple :
Alors :
Propriétés
A4 — Égalité de deux ensembles
Deux ensembles sont égaux lorsqu'ils possèdent exactement les mêmes éléments.
Une méthode fondamentale consiste à établir deux inclusions :
puis :
On conclut alors :
A5 — Ensemble des parties
L'ensemble de toutes les parties de \(E\) se note :
Exemple :
Alors :
A6 — Intersection
L'intersection de \(A\) et \(B\) contient les éléments qui appartiennent simultanément aux deux ensembles.
Exemple :
A7 — Union
L'union de \(A\) et \(B\) contient les éléments appartenant à \(A\) ou à \(B\).
Avec :
on obtient :
A8 — Complémentaire
Soit \(A\subset E\). Le complémentaire de \(A\) dans \(E\) contient les éléments de \(E\) qui n'appartiennent pas à \(A\).
A9 — Différence
La différence \(A\setminus B\) contient les éléments appartenant à \(A\) mais pas à \(B\).
A10 — Différence symétrique
Cette notion peut être étudiée en approfondissement.
On peut aussi écrire :
A11 — Propriétés de l'intersection et de l'union
Commutativité
Associativité
Distributivité
A12 — Lois de Morgan
A13 — Produit cartésien
Le produit cartésien de \(A\) et \(B\) est l'ensemble des couples \((x,y)\) tels que \(x\in A\) et \(y\in B\).
Exemple :
A14 — Raisonner avec les ensembles
Pour démontrer une propriété sur des ensembles, on traduit souvent l'appartenance en propositions logiques.
Par exemple :
signifie :
ce qui équivaut à :
Donc :
Ressources vidéo — Ensembles
Ressource externe proposée en complément pédagogique. Droits à son auteur ; MathMaroc ne la vend pas et ne garantit pas sa disponibilité.
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Partie B — Les applications
B1 — Notion d'application
Soient \(E\) et \(F\) deux ensembles non vides.
Une application de \(E\) vers \(F\) associe à chaque élément de \(E\) un unique élément de \(F\).
- \(E\) : ensemble de départ ;
- \(F\) : ensemble d'arrivée ;
- \(f(x)\) : image de \(x\).
B2 — Image et antécédent
Si :
alors \(y\) est l'image de \(x\), et \(x\) est un antécédent de \(y\).
Un élément de l'ensemble d'arrivée peut avoir :
- aucun antécédent ;
- un antécédent ;
- plusieurs antécédents.
B3 — Égalité de deux applications
Deux applications sont égales lorsqu'elles ont :
- le même ensemble de départ ;
- le même ensemble d'arrivée ;
- la même image pour chaque élément du domaine.
B4 — Image directe d'une partie
Soit :
et :
L'image directe de \(A\) est :
Exemple :
Alors :
B5 — Image réciproque d'une partie
Pour \(B\subset F\), on définit :
Exemple :
Alors :
Attention : \(f^{-1}(B)\) désigne ici l'image réciproque d'une partie.
Cela ne signifie pas nécessairement que \(f\) possède une application réciproque.
B6 — Restriction
On peut limiter une application à une partie de son ensemble de départ.
Par exemple :
On peut considérer la restriction de \(f\) à :
B7 — Prolongement
Un prolongement consiste à étendre une application à un ensemble plus grand tout en conservant ses valeurs sur l'ensemble où elle était déjà définie.
Une restriction est déterminée de manière unique, alors qu'une application peut généralement admettre plusieurs prolongements.
B8 — Injectivité
Une application \(f:E\to F\) est injective si chaque élément de \(F\) possède au plus un antécédent.
Exemple :
Si :
alors :
donc :
L'application est donc injective.
B9 — Surjectivité
Une application \(f:E\to F\) est surjective si chaque élément de \(F\) possède au moins un antécédent.
B10 — Bijectivité
Une application est bijective lorsque chaque élément de l'ensemble d'arrivée possède exactement un antécédent.
B11 — Application réciproque
Si :
est bijective, elle possède une application réciproque :
car :
B12 — Composition des applications
Soient :
et :
La composée de \(f\) puis \(g\) est :
avec :
En général :
La composition des applications n'est donc généralement pas commutative.
B13 — Réciproque et composition
Si \(f:E\to F\) est bijective, alors :
et :
Ressources vidéo — Applications
Ressource externe proposée en complément pédagogique. Droits à son auteur ; MathMaroc ne la vend pas et ne garantit pas sa disponibilité.
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Exemples guidés
Observe la méthode avant d'essayer seul. Utilise les indices seulement si tu en as besoin.
Exemple 1 — Passer de la compréhension à l'extension
Déterminer en extension :
Indice 1
Cherche tous les nombres entiers compris entre \(-2\) et \(3\).
Solution
À retenir : l'écriture en compréhension donne une condition ; l'écriture en extension énumère les éléments.
Exemple 2 — Montrer une égalité d'ensembles
Pour démontrer :
une méthode très importante consiste à démontrer successivement :
puis :
On peut alors conclure :
À retenir : cette méthode s'appelle la double inclusion.
Exemple 3 — Intersection et union d'intervalles
Soient :
Déterminer \(A\cap B\) et \(A\cup B\).
Indice
Pour l'intersection, conserve les réels appartenant simultanément aux deux intervalles.
Solution
Exemple 4 — Utiliser une loi de Morgan
Compléter :
Solution
Exemple 5 — Image et antécédent
Soit :
Déterminer l'image de \(3\).
Solution
Ainsi \(7\) est l'image de \(3\), et \(3\) est un antécédent de \(7\).
Exemple 6 — Image réciproque
Soit :
Déterminer :
Indice 1
Résous :
Solution
Donc :
Exemple 7 — Tester l'injectivité
Soit :
On observe :
mais :
Deux éléments distincts possèdent donc la même image.
Que se passe-t-il si l'on restreint \(f\) à \([0,+\infty[\) ?
Exemple 8 — Composition
Soient :
Alors :
Tandis que :
Donc :
Exercices interactifs
Progresse des vérifications élémentaires vers les exercices nécessitant un véritable raisonnement. Cherche chaque réponse avant de l'afficher.
Niveau 1 — Consolidation
Vérification rapide — Opérations sur les ensembles
Quatre contrôles à traiter de tête. Si l'un résiste, reprends la Partie A du Cours essentiel avant de poursuivre.
On pose :
a) Déterminer \(A\cap B\).
Voir la réponse
Tout élément de \(A\) appartient à \(B\), donc \(A\subset B\).
b) Déterminer \(A\cup B\).
Voir la réponse
Même raison : \(A\subset B\).
c) Déterminer \(\mathcal{P}(E)\).
Voir la réponse
Quatre parties, conformément à \(2^2\).
d) Déterminer le complémentaire de \(]-\infty,0]\) dans \(\mathbb{R}\).
Voir la réponse
La borne \(0\) appartenait à l'ensemble : elle n'appartient pas au complémentaire.
Exercice 1 — Images et antécédents d'une fonction affine
Soit l'application :
a) Calculer \(f(2)\), \(f(0)\) et \(f(-1)\).
Voir la réponse
b) Déterminer l'antécédent de \(8\) par \(f\), puis celui de \(0\).
Voir l'indice
Un antécédent de \(8\) est un réel \(x\) vérifiant \(f(x)=8\). Pose l'équation et résous-la.
Voir la réponse
L'antécédent de \(8\) est \(2\).
Remarque : \(f(2)=8\) et l'antécédent de \(8\) est \(2\). Image et antécédent sont deux lectures inverses de la même égalité.
c) Montrer que tout réel \(y\) admet un unique antécédent par \(f\).
Voir l'indice
Pars de \(f(x)=y\) et exprime \(x\) en fonction de \(y\). Combien de solutions obtiens-tu ?
Voir la réponse
Soit \(y\in\mathbb{R}\).
Cette équation admet une solution et une seule. Tout réel possède donc exactement un antécédent par \(f\).
Niveau 2 — Maîtrise
Exercice 2 — Image directe, image réciproque et bijection
Ce que tu as établi. À l'Exercice 1, tu as montré que pour \(f:\mathbb{R}\to\mathbb{R}\), \(f(x)=3x+2\), tout réel \(y\) admet un unique antécédent, à savoir \(x=\dfrac{y-2}{3}\). On exploite maintenant ce résultat.
a) Déterminer l'image directe \(f([0;2])\).
Voir l'indice
\(f\) est affine de coefficient \(3>0\), donc croissante : l'image d'un segment se lit aux bornes.
Voir la réponse
\(f\) est croissante sur \(\mathbb{R}\), donc :
b) Déterminer l'image réciproque \(f^{-1}(]-1;5])\).
Voir l'indice
Traduis \(x\in f^{-1}(]-1;5])\) par la double inégalité \(-1<f(x)\leqslant 5\), puis isole \(x\).
Voir la réponse
Les bornes ouverte et fermée se transmettent dans le même ordre, parce que \(f\) est croissante. Avec une fonction décroissante, elles s'échangeraient.
c) En utilisant le résultat de l'Exercice 1 c), montrer que \(f\) est bijective et expliciter \(f^{-1}\).
Voir l'indice
L'unicité de l'antécédent donne l'injectivité ; son existence donne la surjectivité.
Voir la réponse
L'Exercice 1 c) établit que tout \(y\in\mathbb{R}\) admet un antécédent — donc \(f\) est surjective — et un seul — donc \(f\) est injective. \(f\) est par conséquent bijective, et :
Vérification : \(f^{-1}(8)=\dfrac{6}{3}=2\), et \(f(2)=8\).
Exercice 3 — Images directes et réciproques de \(x\mapsto x^2\)
Soit l'application :
a) Résoudre dans \(\mathbb{R}\) l'inéquation \(1\leqslant x^2\leqslant 4\).
Voir l'indice
\(1\leqslant x^2\leqslant 4\) équivaut à \(1\leqslant |x|\leqslant 2\).
Voir la réponse
b) En déduire \(f^{-1}([1;4])\).
Voir la réponse
Par définition, \(f^{-1}([1;4])=\{x\in\mathbb{R}\mid 1\leqslant f(x)\leqslant 4\}\), donc :
L'image réciproque d'un intervalle n'est pas nécessairement un intervalle : ici, c'est une réunion de deux segments.
c) Déterminer \(f^{-1}([-4;-1])\).
Voir l'indice
Quel est le signe de \(x^2\) pour un réel \(x\) quelconque ?
Voir la réponse
Pour tout réel \(x\), \(x^2\geqslant 0\). Aucun réel n'a donc son image dans \([-4;-1]\) :
L'image réciproque d'une partie non vide peut être vide. La notation \(f^{-1}\) désigne ici l'image réciproque d'une partie, et non une application réciproque : \(f\) n'est pas bijective.
d) Déterminer l'image directe \(f([-2;1])\).
Voir l'indice
\(f\) n'est pas monotone sur \([-2;1]\). Où le minimum est-il atteint ?
Voir la réponse
Sur \([-2;1]\), \(f\) décroît sur \([-2;0]\) puis croît sur \([0;1]\). Le minimum vaut \(f(0)=0\) ; aux extrémités, \(f(-2)=4\) et \(f(1)=1\), donc le maximum vaut \(4\).
Répondre \([1;4]\) est l'erreur classique : lire l'image aux seules bornes n'est licite que pour une fonction monotone.
Exercice 4 — Injectivité, surjectivité, restriction
a) Soit \(f:\mathbb{R}\to\mathbb{R}\), \(f(x)=2x+1\). \(f\) est-elle injective ? Justifier.
Voir l'indice
Pars de \(f(x)=f(x')\) et conclus sur \(x\) et \(x'\).
Voir la réponse
Soient \(x,x'\in\mathbb{R}\) :
\(f\) est injective.
b) \(f\) est-elle surjective ? En déduire qu'elle est bijective.
Voir la réponse
Soit \(y\in\mathbb{R}\). L'équation \(2x+1=y\) a pour solution \(x=\dfrac{y-1}{2}\), qui est un réel. Tout élément de l'arrivée \(\mathbb{R}\) possède un antécédent : \(f\) est surjective.
Injective et surjective, \(f\) est bijective, de réciproque :
c) Soit \(g:\mathbb{R}\to\mathbb{R}\), \(g(x)=x^2\). \(g\) est-elle injective ? surjective ?
Voir l'indice
Pour l'injectivité, cherche deux réels distincts de même image. Pour la surjectivité, cherche un réel sans antécédent.
Voir la réponse
Non injective : \(g(-1)=g(1)=1\) alors que \(-1\neq 1\).
Non surjective : \(-1\) n'a pas d'antécédent, puisque \(x^2\geqslant 0\) pour tout réel \(x\).
d) On considère les deux applications :
Étudier l'injectivité et la surjectivité de \(g_1\), puis de \(g_2\). Conclure pour chacune.
Voir l'indice
\(g_1\) et \(g_2\) ont le même ensemble de départ \([0;+\infty[\) et la même formule ; seul leur ensemble d'arrivée diffère. Examine séparément ce que cela change pour l'injectivité, puis pour la surjectivité.
Voir la réponse
Injectivité — elle ne met en jeu que l'ensemble de départ, identique pour \(g_1\) et \(g_2\). Soient \(x,x'\in[0;+\infty[\) :
\(g_1\) et \(g_2\) sont donc toutes deux injectives.
Surjectivité — elle met en jeu l'ensemble d'arrivée, qui les distingue.
- \(g_1:[0;+\infty[\to\mathbb{R}\) — le réel \(-1\) appartient à l'arrivée \(\mathbb{R}\) et n'a aucun antécédent dans \([0;+\infty[\). \(g_1\) est non surjective, donc non bijective.
- \(g_2:[0;+\infty[\to[0;+\infty[\) — pour tout \(y\geqslant 0\), le réel \(x=\sqrt{y}\) appartient à \([0;+\infty[\) et vérifie \(g_2(x)=y\). \(g_2\) est surjective, donc bijective, de réciproque :
Point de méthode. \(g_1\) et \(g_2\) ont la même formule et le même ensemble de départ : elles ne diffèrent que par leur ensemble d'arrivée, et pourtant l'une est bijective et l'autre non.
L'injectivité se lit sur le départ : restreindre le départ peut la faire apparaître, comme ici en passant de \(\mathbb{R}\) à \([0;+\infty[\).
La surjectivité, elle, se juge toujours par rapport à l'ensemble d'arrivée retenu. Si des éléments de l'ensemble d'arrivée n'ont aucun antécédent, restreindre l'ensemble de départ ne peut pas rendre l'application surjective. On peut alors choisir comme ensemble d'arrivée l'image de l'application.
D'où la règle de rédaction : une conclusion de bijectivité doit toujours nommer les deux ensembles. Écrire « \(x\mapsto x^2\) est bijective sur \([0;+\infty[\) » est incomplet ; écrire « \(g_2:[0;+\infty[\to[0;+\infty[\) est bijective » est exact.
Niveau 3 — Raisonnement
Exercice 5 — Loi de Morgan par double inclusion
Soient \(A\) et \(B\) deux parties d'un ensemble \(E\). On veut établir :
a) Soit \(x\in\overline{A\cap B}\). Traduire cette appartenance à l'aide de « non », « et », « ou ».
Voir l'indice
\(x\in\overline{A\cap B}\) signifie \(x\notin A\cap B\), soit la négation de « \(x\in A\) et \(x\in B\) ».
Voir la réponse
Soit \(x\in E\).
La négation d'une conjonction est la disjonction des négations :
b) En déduire l'inclusion \(\overline{A\cap B}\subset\overline{A}\cup\overline{B}\).
Voir la réponse
« \(x\notin A\) ou \(x\notin B\) » signifie \(x\in\overline{A}\) ou \(x\in\overline{B}\), c'est-à-dire \(x\in\overline{A}\cup\overline{B}\). D'où :
c) Démontrer l'inclusion réciproque.
Voir l'indice
Reprends le raisonnement de a) en sens inverse : chaque étape est une équivalence.
Voir la réponse
Soit \(x\in\overline{A}\cup\overline{B}\). Alors \(x\notin A\) ou \(x\notin B\) ; il est donc faux que \(x\) appartienne à la fois à \(A\) et à \(B\). Ainsi \(x\notin A\cap B\), soit \(x\in\overline{A\cap B}\). D'où :
d) Conclure.
Voir la réponse
Les deux inclusions donnent l'égalité :
Toutes les étapes de a) sont des équivalences : on aurait pu conclure d'un seul trait. La double inclusion est demandée parce qu'elle reste valable lorsque les implications ne se renversent pas — c'est la méthode à maîtriser.
Exercice 6 — Composition et caractérisation
Soient deux applications :
a) Montrer que si \(f\) et \(g\) sont injectives, alors \(g\circ f\) est injective.
Voir l'indice
Pars de \((g\circ f)(x)=(g\circ f)(x')\) et utilise d'abord l'injectivité de \(g\).
Voir la réponse
Soient \(x,x'\in E\) tels que \((g\circ f)(x)=(g\circ f)(x')\), c'est-à-dire \(g(f(x))=g(f(x'))\).
\(g\) étant injective : \(f(x)=f(x')\).
\(f\) étant injective : \(x=x'\).
Donc \(g\circ f\) est injective.
b) Montrer que si \(f\) et \(g\) sont surjectives, alors \(g\circ f\) est surjective.
Voir l'indice
Pars d'un élément \(z\in G\) et remonte : d'abord par \(g\), ensuite par \(f\).
Voir la réponse
Soit \(z\in G\).
\(g\) étant surjective, il existe \(y\in F\) tel que \(g(y)=z\).
\(f\) étant surjective, il existe \(x\in E\) tel que \(f(x)=y\).
Donc \(g\circ f\) est surjective.
c) En déduire le cas où \(f\) et \(g\) sont bijectives.
Voir la réponse
Si \(f\) et \(g\) sont bijectives, elles sont injectives et surjectives. D'après a) et b), \(g\circ f\) est injective et surjective, donc bijective.
L'ordre d'utilisation des hypothèses diffère : on « descend » par \(g\) puis \(f\) pour l'injectivité, on « remonte » par \(g\) puis \(f\) pour la surjectivité.
Exercice 7 — Application réciproque (approfondissement)
Soit \(f:E\to F\) une application bijective, de réciproque \(f^{-1}:F\to E\).
a) Montrer que \(f^{-1}\circ f=Id_E\).
Voir l'indice
Pour \(x\in E\), pose \(y=f(x)\) et reviens à la définition de \(f^{-1}(y)\).
Voir la réponse
Soit \(x\in E\) ; posons \(y=f(x)\).
Par définition, \(f^{-1}(y)\) est l'unique antécédent de \(y\) par \(f\). Or \(x\) est un antécédent de \(y\). Par unicité, \(f^{-1}(y)=x\), donc :
Ceci valant pour tout \(x\in E\) : \(f^{-1}\circ f=Id_E\).
b) Montrer que \(f\circ f^{-1}=Id_F\).
Voir l'indice
Pour \(y\in F\), pose \(x=f^{-1}(y)\) et applique \(f\).
Voir la réponse
Soit \(y\in F\) ; posons \(x=f^{-1}(y)\). Par définition de la réciproque, \(x\) est l'antécédent de \(y\), donc \(f(x)=y\), c'est-à-dire :
Ceci valant pour tout \(y\in F\) : \(f\circ f^{-1}=Id_F\).
Les deux composées ne sont pas la même application : l'une est l'identité de \(E\), l'autre celle de \(F\). La distinction saute aux yeux dès que \(E\neq F\).
Quiz final
Vérifie maintenant ta maîtrise des ensembles et des applications.
Question 1
Soit :
Quelle proposition est correcte ?
- \(2\subset E\)
- \(2\in E\)
Voir la correction
Réponse : B.
Question 2
Vrai ou faux ?
Voir la correction
Réponse : Vrai.
Question 3
Soient :
Déterminer :
Voir la correction
\[ A\cap B=\{2,3\} \]
Question 4
Pour les mêmes ensembles, déterminer :
Voir la correction
\[ A\cup B=\{1,2,3,4\} \]
Question 5
Soit :
Combien d'éléments possède \(\mathcal{P}(E)\) ?
Voir la correction
Réponse : \(4\).
Question 6
Compléter :
Voir la correction
\[ \overline{A\cup B} = \overline A\cap\overline B \]
Question 7
Si :
\(7\) est :
- l'image de \(3\)
- un antécédent de \(3\)
Voir la correction
Réponse : A.
Question 8
Si deux éléments différents possèdent la même image, l'application peut-elle être injective ?
Voir la correction
Réponse : Non.
Question 9
Une application surjective vérifie :
- chaque élément de l'ensemble d'arrivée possède au moins un antécédent ;
- chaque élément de départ possède deux images ;
- aucune image ne peut être répétée.
Voir la correction
Réponse : A.
Question 10
Une application bijective est :
- uniquement injective ;
- uniquement surjective ;
- injective et surjective.
Voir la correction
Réponse : C.
Question 11
Soient :
Calculer :
On a :
puis :
Voir la correction
Réponse : \(9\).
Question 12 — Raisonnement
Soit :
Pourquoi \(f\) n'est-elle pas injective ?
Voir la correction
Parce que deux éléments distincts peuvent avoir la même image. Par exemple :
avec :
Bilan de ta maîtrise
Le résultat final ne doit pas se limiter à une note globale. Le parcours peut distinguer les compétences suivantes :
- Notations et inclusion
- Opérations sur les ensembles
- Démonstrations ensemblistes
- Images et antécédents
- Image directe et image réciproque
- Injectivité
- Surjectivité
- Bijectivité
- Composition